Passion, sérieux du travail, sens du détail et de la finition, sont notre credo

 

 

Retour accueil

   

DELAHAYE VLR 1950

Restauration complète

 

Une rare Delahaye VLR de 1950 passe la porte de l'atelier Rétro-Méca.

 

"Super Jeep" née en 1949, ce véhicule 100% Français a été conçu pour remplacer les Willys et autres jeep Ford au sein de l'armée Française.

Mais ce VLR, "Véhicule de Liaison et de Reconnaissance", a souffert d'une sophistication sûrement trop en avance pour son époque, nécessitant un entretien de trop haut niveau pour un personnel de maintenance, et des conducteurs, habitués à des mécaniques plus rustiques et moins rigoureuses.

C'est donc dès 1955 que cesse la production, à la prise de contrôle par Hotchkiss de la firme Delahaye.

Pourtant, avec ses 4 vitesses synchronisées, un blocage de différentiel, une lubrification à carter sec, son circuit électrique en 24 volts, une suspension à barres de torsion et 4 roues indépendantes, c'était un véritable bijou technologique qui était né.

 

Dans nos murs pour une restauration totale, c'est avec une réelle impatience que nous envisageons les travaux sur cette mécanique atypique !

 

Travaux à effectuer :

- Restauration complète de la carrosserie et du chassis.

- Restauration complète de la mécanique.

P6050558.JPG

P6050550.JPG

 

Démontage de la carrosserie :

 

   

La carrosserie est très sévèrement atteinte par la corrosion, malgré un aspect extérieur relativement correct au premier coup d'oeil.

C'est donc un lourd travail de tôlerie qui s'annonce.

Après un démontage de la carrosserie du chassis, nous allons procéder à un sablage pour mettre à nu ce qu'il reste de la tôle d'origine, la phosphater, avant d'entamer la reconstruction à proprement parler.

P6050558.JPG

Démontage de tous les ouvrants: capot, calandre, arceaux de capote.

 

Ce modèle possède un intéressant pare brise ouvrant et entrebaillant.

P6290732.jpg

P6300803.JPG

Repérage et dépose de tout le circuit électrique.

 

Equipement militaire oblige, tout le faisceau est protégé par des gaines métalliques annelées.

P6290760.JPG

P6290761.jpg

Pour une raison inconnue, qui nous complique très sérieusement la tâche, les boulons de fixation caisse-chassis ont été soudés !

 

La caisse est extraite après plusieurs heures d'efforts.

P6290747.JPG

P6290780.jpg

Fixation de la caisse sur un chariot roulant, afin de faciliter les futures opérations de sablage et de tôlerie.

 

Précisons à ce sujet que le sablage n'est pas un opération anodine !

Si sabler un chassis ou une pièce massive ne requiert pas de précautions spécifiques, une carrosserie nécessite au contraire un bon réglage de la pression, et un utilisateur expérimenté aux commandes, afin de ne pas voiler ou détruire irrémédiablement les tôles.

 

La partie supérieure de la caisse semble relativement épargnée par la corrosion...mais admirons l'état des planchers !

Ils seront reconstruits, comme à l'origine, en tôle diamantée.

P6300802.JPG

P6300799.JPG

P6300794.JPG

P6300797.JPG

Le chassis à nu.

 

Sa conception étonne: compact, groupe motopropulseur implanté très en arrière, presque en position centrale, il dégage une impression de robustesse.

Vue de détail de la partie arrière, décalée en hauteur, avec ses roues indépendantes aux suspensions à barres de torsion.

P7010815.JPG

P7010817.JPG

La mécanique, elle aussi, dégage un sentiment de robustesse. On devine le travail de conception spécifique au véhicule et à ses contraites d'utilisation.

P7010820.JPG

P7010826.JPG

 

Sablage de la carrosserie et travaux de tôlerie :

   

L'état de corrsosion avancé de la caisse impose un sablage intégral, afin d'éliminer les zones trop atteintes par la corrosion pour être sauvées, et pouvoir partir d'une base saine.

 

Vue de la caisse, posée à l'envers sur un chevalet, avant phosphatage.

IMG_0631.JPG

Le résultat du sablage est sans appel, le travail de tôlerie à venir est très conséquent.

 

De toute évidence, le véhicule a déjà fait l'objet d'une "restauratin rapide", à base de plaques de tôles et rivets pop. Cette technique a certes sans doute masqué bien des défauts pendant un temps, mais n'a fait qu'accélérer la dégradation des tôles recouvertes sans traitement de fond. De plus, les nombreux sandwiches créés ont emprisonné l'humidité.

IMG_0634.JPG

IMG_0635.JPG

Les planchers, ou plutôt ce qu'il en reste, et les passages de roues.

IMG_0637.JPG

IMG_0640.JPG

IMG_0642.JPG

IMG_0636.JPG

La caisse est phosphatée et remise à l'endroit.

IMG_0717.JPG

IMG_0721.JPG

Tout n'est pas négatif, le plancher arrière est miraculeusement superbe, ainsi que le tablier.

IMG_0684.JPG

IMG_0692.JPG

Vue de dessous ou vue de dessus, les planchers sont en revanche toujours aussi cauchemardesques pour les restaurateurs que nous sommes...le moral n'est pas au beau fixe dans l'atelier Rétro-Méca...mais qu'à cela ne tienne, ce véhicule exceptionnel mérite le lourd travail qui s'annonce !

IMG_0707.JPG

IMG_0690.JPG

Un par un, tous les morceaux irrécupérables sont découpés.

IMG_2436.JPG

IMG_1012.JPG

Pour un meilleur accès, nous travaillons caisse à l'envers.

 

Des renforts temporaires sont soudés transversalement afin de maintenir la carrosserie en ligne. Planchers et côtés de caisse ne sont plus qu'un souvenir, aucun élément ne pourra être sauvé à ce niveau.

IMG_1015.JPG

IMG_1018.JPG

IMG_1014.JPG

IMG_1021.JPG

La reconstruction peut commencer.

 

 

Des tôles neuves sont découpées et mises en forme, pour les flancs, les planchers et ses renforts.

Ces nouveaux éléments sont soudés sur la caisse.

IMG_2432.JPG

IMG_2426.JPG

IMG_2424.JPG

IMG_2425.JPG

IMG_2429.JPG

IMG_2431.JPG

Les planchers sont reconstitués en tôle diamantée, comme à l'origine.

 

Avec leur mise en place s'achèvent les gros travaux sur la caisse.

P3181514.JPG

IMG_3109.JPG

IMG_3115.JPG

IMG_3113.JPG

Un antigravillonnant fin et discret est pulvérisé sur toute la surface des soubassements, puis la peinture finale est appliquée.

IMG_3104.JPG

IMG_3112.JPG

P3211517.JPG

Départ de la caisse et de tous les éléments pour la cabine de peinture.

IMG_3106.JPG

IMG_3086.JPG

Retour de la peinture.

 

La caisse retrouve une teinte rouge, tandis que l'intérieur est peint en gris satiné.

Le résultat final fait plaisir à voir quand on se remémore l'état de départ du véhicule.

 

Passons à présent à la partie mécanique.

IMG_3961.JPG

IMG_3958.JPG

IMG_3964.JPG

IMG_3967.JPG

IMG_3959.JPG

IMG_3960.JPG

IMG_3962.JPG

IMG_3970.JPG

 

 

Remise en état du chassis :

 

 

Pendant que la carrosserie est en peinture, le démontage du chassis commence.

 

Celui-ci doit être entièrement mis à nu, décapé, traité et repeint. Les train roulants subiront le même traitement.

IMG_1336.JPG

IMG_1337.JPG

Nous ne nous étendrons pas sur la dépose du groupe moto-propulseur, qui est une opération relativement "classique" et sans spécificités dans notre cas, hormis le poids important de l'ensemble.

Tout est en effet ici surdimensionné et oblige à des précautions lors de tout démontage: matériel de levage et de calage de qualité impératifs.

 

A titre d'exemple, voici une cliché du démarreur et de l'alternateur.

A priori rien d'exceptionnel...mais le second cliché représente le démarreur aux côtés d'un modèle de Renault Colorale, puis d'un autre de Renault 4cv. Admirons les dimensions conséquentes du démarreur de VLR !

IMG_1347.JPG

IMG_1349.JPG

IMG_1339.JPG

IMG_1340.JPG

Dépose du faux chassis supportant tout le train avant.

IMG_1354.JPG

IMG_1359.JPG

IMG_1351.JPG

IMG_1353.JPG

C'est à présent le train arrière qui est désolidarisé du chassis.

 

La présence de barres de torsion, caractéristique technique rare à l'époque, oblige à certaines précautions: bien débander les barres avant de déboulonner les fixations sur le chassis !

 

Pour faciliter le remontage ultérieur, la position des barres est repérée.

IMG_1646.JPG

IMG_1649.JPG

IMG_1651.JPG

IMG_1658.JPG

Après avoir déshabillé les trompettes arrières, nous pouvons déposer l'ensemble pont+trompettes.

IMG_1642.JPG

IMG_1644.JPG

Notez que le pont arrière est identique en tous points au pont avant !

IMG_1639.JPG

IMG_1664.JPG

Le chassis est enfin débarrassé du circuit de freinage, du pédalier, du système de frein à main, etc...

IMG_1659.JPG

IMG_1660.JPG

Le chassis nu.

IMG_1673.JPG

Le chassis est entièrement décapé, jusqu'à mise à nu du métal.

IMG_2226.JPG IMG_2228.JPG
Cela permet de découvrir un excellent état global, malgré quelques fissures qu'il faudra traiter. IMG_2231.JPG IMG_2232.JPG
IMG_2229.JPG IMG_2233.JPG
IMG_2253.JPG IMG_2254.JPG

Le chassis est traité anticorrosion et repeint.

IMG_4807.JPG IMG_4808.JPG

 

Réfection du moteur :

   

Le moteur, annoncé comme "refait et tournant" lorsque le véhicule a été acheté, nécessite bien entendu au minimum aue grosse révision avant une remise en route.

Sa conception très intéressante, avec un bloc aluminium et chemises fontes rapportées, un carter sec, nous remplit d'impatience...

Nous décidons donc de la déculasser et d'ôter le carter d'huile afin de procéder à quelques vérifications.

 

Une plaque signalétique annonce une réfection du moteur en 1958 par Hotchkiss, qui a racheté la marque Delahaye en 1954.

Comme à l'époque, on avait du savoir vivre ;-), la plaque indique les cotes de rectification utilisées: cylindres réalésés en seconde cote réparation, vilebrequin (paliers et bielles) en première cote.

IMG_4737.JPG

IMG_4781.JPG

La dépose de la culasse laisse apparaitre les 4 chemises.

 

Mauvaise surprise, le piston n°1 est cassé !

Les autres semblent en bon état, ainsi que la culasse. Soupapes et sièges ne montrant pas de signe anormal au premier coup d'oeil.

Nous ôtons le carter d'huile afin de déposer les chapeaux de bielles et de sortir les ensembles bielles-pistons, ce qui nous permettra d'en savoir un peu plus sur le problème survenu.

La présence de plusieurs litres de gasoil dans le carter est troublante...c'est le traitement qui est bien souvent réservé à un moteur bloqué, que l'on tente de dégripper.

 

Le piston n°1 est détruit, et le segment coup de feu du n°4 est en morceaux, tout comme celui du piston n°3...

 

Malgré cela, les cylindres sont en état relativement correct. Le "créneau" de la chemise n°1 montre que le moteur a tourné après la casse du piston. Mais l'absence de talon d'usure laisse penser que cette situation n'a pas duré.

 

Il est difficile de se prononcer avec certitude, mais les symptômes que nous observons, c'est à dire segments cassés et présence de gasoil, nous incite à penser que ce moteur était grippé et a été redémarré après un débloquage sommaire.

 

La seule solution consiste à refabriquer un jeu de pistons et segments, et à rélaléser les chemises à la cote voulue.

IMG_4738.JPG

IMG_4741.JPG

IMG_4739.JPG

IMG_4755.JPG

IMG_4766.JPG

IMG_4754.JPG

IMG_4776.JPG

IMG_4770.JPG

IMG_4765.JPG

Pour couronner le tout, la dépose de la pompe à eau et des diverses durites laisse apparaitre un circuit de refroidissement totalement colmaté.

 

Cela dit, la pompe n'est pas bloquée, signe que le colmatage n'est pas forcément très ancien. Mais si le moteur a tourné dans ces conditions, il a probablement chauffé.

IMG_4745.JPG

IMG_4812.JPG

IMG_4742.JPG

Le carter d'huile est déposé.

Il laisse apparaitre un embiellage parfaitement propre...ce qui est normal compte tenu du remplissage au gasoil, dont c'est bien le suel intérêt !

 

Le vilebrequin est déposé, et nous avons la bonne surprise de constater qu'il est en très bon état. Les paliers ne sont pas rayés, tout au plus matés et ternis par une immobilisation prolongée.

Les mesures montrent que, comme annoncé, il est en première cote réparation. A priori, un simple polissage sans rectification permettra de lui donner une seconde jeunesse.

 

Les coussinets sont quant à eux en état tout aussi bon. Et nous devons avouer que c'est un soulagment, leur conception si particulière les rendant difficiles à retrouver en neuf, surtout dans la cote qui nous intéresse.

A noter le palier central à oreilles, qui fait également office de cale de jeu latéral du vilebrequin.

 

Bonne nouvelle également au niveau de l'arbre à cames. Ses paliers comme ses cames sont en excellent état.

Point intéressant: l'arbre à cames n'est pas calé latéralement, mais maintenu par un pion sur ressort, en appui sur le carter de distribution.

 

Ces bonnes nouvelles au niveau bas moteur, associées au bon état de la culasse, nous incitent à sauver ce moteur.

IMG_4746.JPG

IMG_4761.JPG

IMG_4760.JPG

IMG_4769.JPG

IMG_4775.JPG

IMG_4773.JPG

IMG_4762.JPG

IMG_4749.JPG

IMG_4751.JPG

A suivre...

IMG_4814.JPG

IMG_4815.JPG

 

       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       

 

RETOUR VERS -->

Liste des restaurations